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Les batailles entre générations

Les batailles entre générations - Dean Huston

Il y a les vieux jeux, et il y a les modernes. Comment expliquer à des personnes âgées, que leur petite fille ne veut pas d’un mariage classique avec de la musique de mariage du temps de nos grands-parents, alors qu’il est tout à fait possible aujourd’hui de faire un beau mariage avec de la musique de mariage tout à fait moderne. Croyez-le, c’est très difficile. Surtout que si l’on s’obstine à vouloir leur faire comprendre leur erreur, ils ont le don de vous faire sombrer dans le sentiment de culpabilité, ou il en va de leur santé comme de leur mort. C’est là, ou l’on se dit que la génération intermédiaire devrait venir à la rescousse. Les parents. Et c’est très souvent là, que l’on se rend compte qu’il y a certains parents qui ne grandissent pas aux yeux de leurs propres parents. Il faut alors assister à une sorte de chassé-croisé des bonnes manières flouées et bien retenues entre la volonté de satisfaire la jeune génération et donner tout semblant de guidance à l’ancienne. C’est bien cela ce que l’on appelle avoir le cul entre deux chaises. C’est une des plus mauvaises positions.

Après deux semaines de débats, je laissais entrouvrir une possibilité de solution capable de satisfaire presque tout le monde. Je sous-entendais que ma sœur puisse faire de grandes fiançailles modernes, avec tout ce qu’elle souhaitait et que par la suite, s’ensuive le mariage classique avec tout le tsoin-tsoin de la vieille génération. Ma sœur trouvait cette idée géniale et l’adoptait de suite. Je regardais mes parents me montrer leurs dents comme l’auraient fait des vampires. Ils venaient de comprendre que la liste des frais était loin d’être terminée, et qu’elle allait s’allonger à l’infini. Je me retirais doucement, pensant quand même que j’avais trouvé le moyen d’assouplir l’atmosphère de la maison. Je savais très bien que personne ne serait reconnaissant de la chose, mais tout ce qui m’intéressait, était de pouvoir respirer un peu mieux, et surtout, que l’on ait plus à entendre de disputes interminables concernant ce que doit être le mariage. Les fiançailles furent très réussies. Ma sœur avait particulièrement su mettre de l’ambiance pendant plusieurs heures. Le mariage à l’église a été un des plus ennuyeux que j’ai pu subir dans ma vie. Lorsque ma sœur partait pour sa lune de miel, je susurrais à l’oreille de ma mère, que si je devais me marier, mon choix de fête était déjà fait, et qu’il n’y avait rien à discuter.

 

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